
Chers compatriotes,
Je me tiens devant vous pour vous souhaiter mes vœux de bonheur, de prospérité et de paix pour cette année 2026 qui commence ce jour. Ces souhaits s’imposent d’autant plus que la situation actuelle que traverse notre pays fait que le bonheur, la prospérité et la paix sont des concepts qui, pour nombre de nos compatriotes et peut-être aussi pour moi qui m’adresse à vous n’existent que dans le dictionnaire, la réalité vécue étant tout à fait contraire.
La prospérité est compromise à cause des inégalités de revenus qui sont à ce jour entretenues et institutionnalisées par nos gouvernants, la preuve en étant la part du budget réservée au train de vie des institutions.
Nombre d’entre nous manquent de travail, et très peu de ceux qui travaillent arrivent à subvenir à leurs besoins et à mener une vie digne ; pire encore, les institutions de l’exécutif ne s’accordent même plus sur l’impact des politiques publiques sur la population.
L’indice de développement humain de notre pays nous classe au 171ᵉ rang sur les 193 pays évalués par le Programme des Nations unies pour le développement en 2025.
Il est difficile de parler de paix avec tout ce qui se passe à ce jour : l’agression rwandaise facilitée par certains compatriotes qui ont choisi les armes, les « Mobondos » qui, avec la criminalité urbaine communément appelée « Kuluna », ont mis en évidence les insuffisances des politiques sécuritaires mises en place par nos gouvernants.
Aujourd’hui, nous nous contentons des souhaits, car l’action semble avoir perdu sa place, et nous nous résignons aux prières, nous peuple d’un grand pays comme la République Démocratique du Congo, deuxième d’Afrique en termes de superficie, et premier en termes de position géostratégique avec neuf voisins.
Chers membres de la Base Républicaine, et chers compatriotes,
Dans ma responsabilité de définir la ligne politique et stratégique que doit suivre notre parti, je tiens à ce que notre esprit républicain ne se noie pas dans des débats qui ne construisent pas notre nation.
Aussi, après avoir échangé avec toutes les instances de notre parti, je me permets de vous dresser la situation que traverse notre pays et les responsabilités des différents acteurs impliqués. Ceci devra être considéré par l’opinion tant nationale qu’internationale comme étant la position officielle de la Base Républicaine.
Situation actuelle du pays et responsabilités des intervenants
Notre pays, la République Démocratique du Congo, est agressé, notre nation est meurtrie, notre intégrité territoriale est violée, l’autorité de notre État n’est plus assurée sur toute l’étendue du territoire national, exposant nos compatriotes à l’insécurité et soumettant nos forces armées à une terrible épreuve physique, morale et spirituelle ; toute la nation est impactée.
Nos frères et sœurs, pères et mères, ont été massacrés, mutilés, assassinés, obligés d’abandonner leurs habitations ; des enfants, filles et garçons, exposés aux atrocités, obligés d’observer des actes de barbarie et de criminalité, arrachés à l’école, arrachés à leur tendre enfance avant l’âge.
Toute cette souffrance est entrée dans notre pays par une brèche occasionnée par l’agression de notre pays, acte dont les traces les plus flagrantes remontent à ce que la littérature politique et sécuritaire appelle la première guerre du Congo déclenchée en 1996, guerre qui a occasionné le renversement du Maréchal Mobutu, Président de la République à l’époque.
Responsabilité du Rwanda
Nous avons un voisin parmi les neuf dont le nom revient à chaque fois qu’il y a des bruits de bottes, des coups de mortier ou des crépitements de balles dans la partie Est de notre pays.
Il s’agit du Rwanda, ou plus précisément du Gouvernement de la République du Rwanda, structure qui a perduré dans ses plus hautes sphères de commandement depuis 1994, soit près de 32 ans aujourd’hui. De l’AFDL à l’AFC/M23, en passant par le RCD, le CNDP et le M23.
Le fait, pour moi, de citer le Rwanda, État souverain et indépendant, membre de l’Organisation des Nations unies, dans la situation de mon pays, est un acte plein de responsabilité et ne relève surtout pas d’un simple fantasme.
Les faits, ainsi que les instruments du droit international, nous offrent les outils à cet égard, l’acte d’agression relevant du droit international.
Pour rappel, la résolution 3314 adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies lors de sa 29ᵉ session le 14 décembre 1974 définit le crime d’agression comme étant l’emploi de la force armée par un État contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État, ou de toute autre manière incompatible avec la Charte des Nations Unies, ainsi qu’il ressort de la présente définition.
À ce jour, pour la seule année 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies a encore pris deux résolutions qui indexent une fois de plus le Rwanda dans cette posture d’agresseur, même si le mot n’y figure pas : la 2773 du mois de février et la 2808 du mois de décembre.
Responsabilité des gouvernants : « l’ensemble des institutions de la République »
Chers membres de la Base Républicaine, chers compatriotes, que le Rwanda ou tout autre État ou simple entité illégitime soit responsable est une chose. Mais lorsque nous affrontons une situation de cette nature, la première responsabilité directement engagée est celle de nos gouvernants.
Dans la situation que vit notre pays aujourd’hui, il était temps pour les animateurs des institutions de questionner l’ensemble des politiques publiques mises en œuvre pour résoudre ce problème. Le constat est qu’à ce jour, quel que soit le discours que les animateurs de nos institutions peuvent tenir, le problème a gagné en ampleur depuis novembre 2021 avec la reprise des armes par le M23.
Et depuis lors, nous avons vu le Président de la République, avec deux Premiers ministres, autant de présidents du Sénat, trois présidents de l’Assemblée nationale,
sans compter les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, qui tous membres d’une seule et même famille politique que le Président de la République, n’arrivent pas à résoudre le problème, tout en se confiant à la simple et seule bonne volonté des acteurs signataires des accords du 4 décembre 2025, principalement les États-Unis.
Pari risqué, pas impossible, mais très risqué tout de même, les intérêts des États-Unis ne coïncidant pas nécessairement avec ceux des citoyens congolais.
Il est donc clairement établi que la famille politique au pouvoir peut naturellement envisager de composer avec les intelligences de la nation congolaise des autres formations politiques ou des personnes indépendantes, et dans ce contexte, l’opposition peut jouer un rôle crucial.
Responsabilité de l’opposition politique
Malheureusement, l’opposition politique a choisi d’offrir un spectacle désolant et honteux au monde, en choisissant d’indexer la famille politique au pouvoir comme étant à l’origine de la crise que nous vivons aujourd’hui. Sans oublier que la responsabilité du Président de la République et de la famille politique au pouvoir est engagée sur leur obligation de résoudre les problèmes du pays durant leur mandat, et que le problème de l’agression tire ses origines bien avant même la prise de pouvoir du prédécesseur de l’actuel Président.
Extrémisme aveugle, au point que certains de nos compatriotes ont peur ou honte de souligner que notre pays est agressé, ne jurant que par un dialogue que certains veulent utiliser comme tribunal contre la famille politique au pouvoir, créant même une crise de confiance qui empêcherait tout dialogue constructif. Et dans le lot de ces attitudes contre-productives, certains acteurs politiques, sans se déclarer alliés des mouvements de l’AFC/M23, expriment publiquement avoir les mêmes objectifs que ces mouvements armés. Considérations qui ne facilitent toujours pas l’élan de cohésion.
Pire encore, c’est lorsque notre ancien Président, Joseph Kabila, avec tout le respect dû à son rang, pointe du doigt les faiblesses et insuffisances de l’actuelle famille politique au pouvoir, tout en oubliant les circonstances de la prise de la ville de Goma en 2008 par le CNDP, et celle de 2012 par le M23, oubliant qu’il a lui aussi refusé de traiter avec les terroristes, avant de se retrouver dans les mêmes circonstances que l’actuel Président de la République, face à ce mouvement dénommé AFC/M23.
Il faut rappeler que le M23 a repris les armes en novembre 2021, juste six mois après l’investiture du gouvernement Sama Lukonde, à la suite de la rupture FCC-CACH. Certes, nous ne connaissons pas les secrets des dieux, rôle réservé aux oracles, mais le contexte et le timing facilitent malheureusement de pointer une radicalisation de cette crise politique née de cette rupture.
Responsabilité des Congolais qui prennent part au mouvement AFC/M23
Pour ce qui concerne le M23, il faut rappeler que lorsqu’ils ont pris les armes en 2021, particulièrement avec la prise de Bunagana en 2022, il était question pour eux de revendiquer les accords signés avec le gouvernement congolais en 2013, de revendiquer la fin de la stigmatisation de certaines populations considérées comme minoritaires dans le grand Kivu.
Mais à l’époque, Corneille Nangaa et l’AFC n’y étaient pas, et la question est de savoir ce que Monsieur Corneille Nangaa a apporté à un groupe déjà suffisamment doté en moyens financiers au point d’être mieux équipé en hommes et en logistique qu’une armée moderne.
La Base Républicaine est convaincue que, de gré ou de force, consciemment ou inconsciemment, tous les Congolais qui prennent part à ce mouvement du M23 ou AFC/M23 font le jeu d’un État qui nous agresse, il s’agit de la République du Rwanda.
C’est connu de tous, ce n’est pas une invention de la République Démocratique du Congo, et sur cette question aucun gouvernement congolais n’a exprimé un point de vue contraire à celui de la Base Républicaine.
Et la communauté internationale
Chers membres de la Base Républicaine, chers compatriotes,
Il faut s’inscrire en faux contre toute idée de dénier la responsabilité de la communauté internationale dans tout ce qui se passe dans notre pays. Lorsque nous parlons de la communauté internationale, il faut la considérer d’abord dans son caractère formel, à savoir l’architecture institutionnelle internationale.
En effet, en voulant régler un problème, le Conseil de sécurité des Nations unies a créé un autre encore plus grave à travers la résolution 1823 de juillet 2008, l’Afrique étant représentée par la République d’Afrique du Sud, le Burkina Faso et la Libye, sans compter la Belgique qui s’est toujours montrée aux côtés de la République Démocratique du Congo, au cours d’une session qui a duré 5 minutes à en croire le procès-verbal de ladite session.
Quelle est la teneur de cette résolution ? L’autorisation est accordée à toutes les entités non gouvernementales de s’approvisionner en armes, munitions et tout type d’équipements et matériels militaires à partir du Rwanda, il suffit pour elles de s’y être installées ou d’avoir un point d’attache.
Cette résolution a donc eu pour conséquence de faciliter à plusieurs groupes armés l’utilisation du Rwanda comme base arrière ou simplement un point d’approvisionnement pour mener leurs activités subversives.
Si d’autres responsabilités de la communauté internationale sont à discuter ou à relativiser, il n’en demeure pas moins que la résolution 1823 de 2008 reste une preuve sans appel.
Approche de solution aux problèmes
Chers membres de la Base Républicaine, chers compatriotes,
Le fait d’établir les responsabilités ne signifie pas pour nous que le monde doit s’écrouler parce que des fautes, des erreurs ou encore des omissions ont été commises, sans oublier que la mort d’un seul Congolais à cause des actes posés par les différentes entités que nous avons énumérées, lesquels actes entrent dans le cadre des responsabilités que nous avons détaillées, est un drame irréparable.
La Base Républicaine demeure fidèle à son souhait de voir toute la nation congolaise, avec ou sans ses partenaires, tournée vers les objectifs ci-après :
Le rétablissement de l’autorité de l’État ;
La fin du cycle des violences qui endeuillent la nation congolaise et qui déstabilisent la région des Grands Lacs ;
La préservation de l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo dans ses frontières ;
La restauration de la cohésion nationale ;
Le renforcement de la crédibilité de l’État.
Ces objectifs étant sacrés, il y a nécessité d’accepter le rôle que doivent jouer tous les acteurs énumérés, quelles que soient leurs responsabilités dans la situation dans laquelle se trouve la République Démocratique du Congo aujourd’hui.
C’est dans cet esprit que nous saluons le sens d’ouverture exprimé par le Président Tshisekedi dans la tenue d’un dialogue, le reste étant de déterminer le cadre de son déroulement, dans un climat républicain.
Ce dialogue, comme toute autre initiative, bénéficie du soutien de la Base Républicaine à la seule condition de ne pas remettre en cause les institutions légalement établies dans le respect de notre constitution.
Plus que Doha et Washington, ce dialogue doit permettre de rétablir l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire national, préserver l’intégrité territoriale, mettre fin au cycle des violences, améliorer la cohésion nationale et renforcer la crédibilité de l’État.
Le débat sur la constitution, motivation d’un dialogue républicain
Pour la Base Républicaine, sur le plan interne, tous les acteurs politiques doivent dialoguer sur leurs divergences citoyennes, lesquelles divergences créent un débat capable de rapprocher les acteurs autour d’objectifs communs et de faire avancer le pays.
À ce jour, le débat sur la constitution semble être le débat le plus cohérent qui permettra aux acteurs politiques de tenir un dialogue républicain, car il balisera le chemin des élections générales et de la cohésion nationale.
Si ce débat sur la constitution semble depuis un moment être un sujet tabou et interdit, la Base Républicaine voit à travers ce débat une opportunité de résoudre plus d’une question, tant en rapport avec l’autorité et la crédibilité de l’État congolais qu’avec la cohésion nationale.
Nous avons un Président de la République et la plupart de ses alliés qui estiment que le pays a besoin d’une nouvelle constitution ; nous avons des compatriotes parmi les membres de l’AFC/M23 et ailleurs qui ne jurent que par le fédéralisme ; et nous avons encore des compatriotes qui ont un slogan bien connu :
« Ne touchez pas à ma constitution ». N’est-ce pas là des divergences sur un vrai débat républicain qui peut réunir les Congolais dans un dialogue inclusif, lequel dialogue devra renvoyer tous les acteurs au souverain primaire qu’est le peuple, lui qui a le pouvoir de statuer en dernier lieu sur cette question, notamment à travers un référendum ?
Pour la Base Républicaine, ce débat donnera un vrai sens à un dialogue républicain sur les aspects ci-après :
Le dialogue doit répondre à la question de savoir comment on soumet la question au peuple ;
Puisque le peuple doit s’exprimer dans son ensemble sur toute l’étendue du territoire, l’AFC/M23 n’aura donc pas de raison d’empêcher le rétablissement de l’autorité de l’État sur les zones sous son influence ;
Puisque cette question aura une portée éminemment interne, le Rwanda doit se retirer ainsi que ses mesures défensives ;
Puisque le processus référendaire doit être transparent, les acteurs pourront discuter en toute responsabilité sur la réforme de la CENI et éventuellement la recomposition de la Cour constitutionnelle ;
Puisque les acteurs doivent avoir une confiance totale en l’exécutif pour l’atteinte de ces objectifs, il y aura discussion sur la composition d’un gouvernement responsable et représentatif des parties prenantes, indépendamment des poids politiques qui déjà n’ont pas reflété l’efficacité dans l’action publique ;
Sans oublier que le dialogue permettra de déterminer si l’on va au référendum avant ou après 2028, ou si l’on doit organiser des élections anticipées ;
Sans oublier la nécessité de fixer les modalités d’une justice transitionnelle, ainsi que les réparations pour les actes commis pendant les atrocités.
Mesures de confiance pendant le dialogue et accompagnement de la communauté internationale
La Base Républicaine est convaincue que la communauté internationale, tant les organisations internationales, régionales ou sous-régionales, peuvent jouer un rôle, notamment dans l’accompagnement de ce dialogue à venir, ainsi que dans l’harmonisation des relations entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, car la coexistence pacifique entre les deux États est encore possible.
Ainsi, dans l’esprit de la série d’accords de Washington que la Base Républicaine soutient malgré les imperfections dans le texte notamment par le fait que le problème ne soit pas bien détaillé, entre autres imperfections et des textes de référence du processus de Doha, la Base Républicaine propose des mesures de confiance à établir de préférence avant le dialogue, à savoir :
Redéfinir et élargir le mandat de la MONUSCO et lui confier la mission de surveiller les frontières entre la RDC, le Rwanda et le Burundi, afin de prévenir tous les actes d’agression et d’empêcher que le territoire d’un État soit utilisé comme base arrière pour des activités subversives contre un autre ;
Garantir l’effectivité du cessez-le-feu entre les FARDC et l’AFC/M23 ;
Établir un couloir stratégique pour les activités économiques vitales et les interventions humanitaires dans la région du Kivu, pour la relier à d’autres provinces de la République Démocratique du Congo et éventuellement des sorties internationales avec le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda ;
Mettre en place un mécanisme de rétablissement de l’administration civile afin de rétablir l’autorité de l’État ;
Élargir les négociations à Doha (Qatar) / Lomé (Togo), entre le gouvernement et l’AFC/M23, à l’opposition politique non armée, ou simplement les ramener à Kinshasa ;
Supprimer dans la résolution 1823 du Conseil de sécurité des Nations unies le droit reconnu à toute entité non gouvernementale de s’approvisionner en armes et équipements militaires.
Projet d’une constitution républicaine pour la souveraineté du peuple
Pour la Base Républicaine, le projet de constitution républicaine pour la souveraineté du peuple est motivé par l’urgence de restaurer l’âme de la nation congolaise, perturbée par des divisions et des divergences de tout bord. Ce projet repose sur quatre piliers structurels qui sont :
L’urgence de détruire l’âme de la division incarnée par cette constitution portée essentiellement par les forces belligérantes ;
L’urgence de mettre fin à l’hypocrisie autour de la constitution en vigueur et d’obtenir une constitution consensuelle ;
La nécessité de rétablir la souveraineté du peuple à travers une initiative qui met le peuple en première position plutôt que la classe politique dirigeante.
Dans les détails :
Sans nier que la constitution en vigueur a été adoptée par référendum, la Base Républicaine constate et rappelle que cette initiative a été portée par des forces politiques aux intérêts non seulement opposés entre elles, mais chacune de ces forces était portée par des intérêts étrangers, créant un doute sur leur capacité à vivifier les aspirations du peuple. Et l’âme de la division portée par cette constitution a conduit à cette hypocrisie autour de la constitution, laquelle est constatée par les éléments ci-après :
La contre-campagne de l’UDPS qui qualifiait cette constitution d’« Acte de vente de la nation congolaise » ;
La recommandation par la CENCO (dans le Message des évêques de l’Église catholique de la RDC de mars 2006) d’une révision constitutionnelle comme tâche urgente à accomplir dès le début de la première législature de la IIIᵉ République, soit moins d’un mois après la promulgation des élections ;
La révision de cette constitution par le Président Kabila et sa famille politique en janvier 2011 ;
Le lancement du débat sur le changement de la Constitution en 2014 par le parti-locomotive de la Majorité présidentielle, à savoir le PPRD, parti au pouvoir ;
Et aujourd’hui l’ouverture du débat par le Président de la République.
À ce jour, l’hypocrisie autour de la constitution consiste simplement à soutenir la constitution afin d’empêcher le parti au pouvoir d’utiliser une initiative constitutionnelle pour aménager son positionnement politique. Réaction légitime, mais qui ne traduit pas un réel attachement à la Constitution.
De ce qui précède, la Base Républicaine est convaincue de l’urgence de porter une initiative qui doit commencer en dehors de la classe politique dirigeante, à savoir l’union sacrée, et de la proposer aux filles et fils du pays, avant que le débat ne se transpose au niveau institutionnel.
Sur le débat de fond, le projet de Constitution républicaine pour la souveraineté du peuple porte les innovations ci-après, par ordre d’importance :
La définition de la forme de l’État comme République fonctionnant selon les principes de décentralisation ;
La possibilité d’une nationalité multiple pour des citoyens congolais d’origine ;
La définition claire des modalités de collaboration entre le Président de la République et le Gouvernement ;
La définition des attributions et prérogatives distinctes entre l’Assemblée nationale et le Sénat ;
La création de procédures particulières de paiement qui permettront désormais de renforcer la crédibilité de l’État et de protéger les intérêts des fonctionnaires et agents publics de l’État ;
La création d’une cour des comptes et des finances publiques pour remplacer ou réformer la traditionnelle cour des comptes ;
La création d’une commission nationale de transparence ;
La création d’une commission constitutionnelle de la République pour encadrer les initiatives de révision constitutionnelle ;
L’élargissement des matières protégées par l’article 220 de l’actuelle constitution et le renforcement des conditions des initiatives de révision constitutionnelle ;
La mise en place de dispositions transitoires et finales qui préservent la continuité des mandats publics en cours, sans préjudice des dispositions de la constitution actuelle.
De tout ce qui vient d’être dit, la Base Républicaine rendra publique dans les jours qui suivent son projet de constitution républicaine pour la souveraineté du peuple, et par la même occasion soumettra la pétition à l’approbation du peuple dans les juridictions de nos fédérations à ce jour dans vingt provinces sur les vingt-six que compte notre pays, afin de collecter les 100 000 signatures requises pour saisir les institutions habilitées, dans le cadre d’un processus que nous voulons républicain et transparent.
Pour finir, la Base Républicaine rappelle qu’elle reste attachée à l’ambition d’un renouvellement de la gouvernance politique en République Démocratique du Congo, ainsi qu’aux objectifs stratégiques que sont :
Le rétablissement de l’autorité de l’État et de l’intégrité territoriale ;
La fin du cycle des violences ;
La restauration de la cohésion nationale ;
Le renforcement de la crédibilité de l’État.
Et dans ce contexte, si l’option est levée pour un dialogue, ce dialogue doit être républicain, respectueux de l’ordre institutionnel en vigueur, et capable d’atteindre les objectifs que nous avons énumérés.
Mais ce dialogue ne doit pas consister en un tribunal, ce qui n’encouragerait pas la cohésion, sans oublier la nécessité d’établir les responsabilités sur toutes les atrocités constatées, et la nécessité d’envisager des actes de réparation.
Que vive la République Démocratique du Congo,
Base Républicaine, une vision pour la nation.
Le Président National
